Que vaut Beme, la nouvelle app lancée par Casey Neistat ?

Casey Neistat, who wants Beme, his stripped-down video-based app, to reflect users’ real lives without all the careful curation, in New York, July 16, 2015. The app, which Neistat and his dozen or so colleagues released on Friday, is to erase some of what Neistat sees as the facades created with social media in its current forms. (Krista Schlueter/The New York Times)

Si vous connaissez Casey Neistat, tant mieux. Si vous ne le connaissez pas je vous laisse regarder ce qu’il a fait par le passé, disons qu’il fait des films et des vidéos (pour résumer). Je vous conseille d’ailleurs de suivre ses vlogs sur sa chaîne YouTube.

Il y a quelques semaines, il a annoncé lancer une nouvelle application mobile, appelée Beme. Le concept ? Une app sociale où on partage des contenus authentiques en temps réel, sans pouvoir regarder le contenu que l’on publie, sans pouvoir le retoucher. On partage ce que l’on voit maintenant tout de suite, sans réfléchir et sans pouvoir se dire qu’en fait non, ça rend pas terrible, je l’envoie pas.


Je suis au final très partagé sur cette app : à la fois séduit par le concept et par son fort potentiel, et d’un autre côté convaincu que nous ne sommes pas encore prêts à publier uniquement des contenus bruts (et donc sincères) sur les médias sociaux.

Je voulais attendre que l’émulation des premiers jours redescende pour parler de cette app, pour pouvoir en discuter objectivement, sans être emporté par la vague qu’a généré son lancement.


D’un côté, Beme est une excellente idée, et la sincérité a tout pour remplacer le côté fake des réseaux sociaux

L’idée est évidemment excellente, partager des contenus sincères, sans maquillage ni artifices est une démarche louable et qui sur le papier a tout pour révolutionner comment on partage du contenu avec nos amis.

  • On avait réellement besoin d’une app pour partager des contenus bruts, et d’arrêter de simuler sa vie à travers des filtres.
  • Les succès de Snapchat et de Periscope le prouvent : on aime les contenus bruts, en live, sur le moment, sans préparation.
  • On revient avec Beme aux fondamentaux des médias sociaux : la vraie vie, ses expériences, ses amis, et non pas des contenus uniquement là pour les likes et les partages.

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De l’autre côté, Beme va être confronté à de nombreux challenges pour s’imposer sur ce terrain

La question est toujours la même et restera la même pour les prochaines années. Dès qu’un nouveau service se lance : y a-t-il vraiment de la place ? Nous n’avons tous qu’un certain volume de temps, d’énergie et d’attention, et utiliser une nouvelle app veut dire en abandonner une autre.

  • On dispose déjà d’une liste sans fin d’applications qui se lancent sur ce créneau : Shots, Pleek, Frontback, Tribe et des centaines d’autres. Chaque app est là pour partager du contenu à ses amis, et elles ont chacune un ‘twist’, une fonctionnalité qui les rend uniques.
  • Difficile d’émerger dans l’univers de l’ogre Snapchat : si Shots réussit à bien se développer, l’app reste enfermée aux US et ne s’exporte pas. Pleek a perdu un peu de visibilité après l’euphorie de son lancement, Frontback a récemment fermé boutique, tout simplement, faute de moyens et de revenus. Le marché, même s’il est récent, est presque déjà verrouillé.
  • Si on y réfléchit bien, quelle est la réelle valeur ajoutée par rapport à Skype et Facetime ? Question sérieuse.
  • La sincérité c’est bien, mais ce n’est pas beau. Si c’est un concept louable et ambitieux, ce n’est pas aujourd’hui un argument suffisant, on reste très attachés à vouloir publier uniquement les contenus qui valorisent notre vie, notre profil, nos expériences.
  • Beme étant l’app de la sincérité et de la simplicité, l’app ne va donc pas beaucoup évoluer. Sauf pour corriger des bugs ou améliorer l’interface, l’app ne peut pas, dans sa philosophie actuelle, ajouter de nouvelles fonctionnalités qui pourraient altérer son côté sincère et brut.
  • On doute également de la possibilité de générer des revenus. Si on ne peut pas contrôler les contenus publiés, comment attirer les annonceurs et/ou des opportunités de business ?

Au final, c’est à vous de tester

Bref, je vous laisse vous faire votre propre avis sur l’app. Vous pouvez télécharger Beme sur iOS et bientôt sur Android.

De mon côté, je trouve l’initiative très intéressante et réussie. La communauté des premiers utilisateurs semble conquise par l’app et le lancement est bien parti, je pense que le concept de sincérité et de transparence sur les médias sociaux n’est pas encore assez mature pour véritablement percer dans notre société actuelle, c’est encore trop tôt. On veut soit prendre le temps de publier de beaux contenus, soit rester sur Snapchat.