Et s’il fallait arrêter l’école pour devenir entrepreneur

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Quand il en vient à l’entrepreunariat, il existe beaucoup d’écoles en France et plus historiquement dans les pays anglo-saxons des parcours spécialisés pour monter son entreprise, des masters entrepreunariat plus ou moins réputés, de véritables formations totalement axées sur la création d’entreprise.

Mais est-ce que l’esprit d’entreprendre ne serait pas quelque chose qu’on ne peut pas apprendre sur les bancs de l’école ? Est-ce que cette pulsion d’entreprendre serait innée ou à trouver au fond de nous ?

Comment un système éducatif, fondé sur un cadre strict et un modèle de pensée immuable, peut former un esprit à changer le monde ? C’est un peu paradoxal.

“If you want to start a business, there is no point in finishing college. Just stop education.” – Elon Musk (Paypal co-founder).

On peut voir des centaines et des centaines d’étudiants qui veulent réaliser ces parcours juste parce que ça a l’air cool. Juste parce qu’on a envie de ressembler à Steve Jobs. Oui mais voilà, l’esprit d’entreprendre, ce n’est pas comme comme des maths, ce n’est pas en faisant un exercice que tout d’un coup on a compris. Ce n’est pas un simple produit qui fait qu’à son achat on intègre parfaitement la compétence. Non, l’entrepreunariat est une façon de voir sa vie, une envie de faire les choses différemment, se dire “le monde ne me donne pas l’opportunité de faire telle action, je vais créer cette opportunité.”

“J’étais un petit rebelle de 19 ans, je faisais juste ce que j’avais envie de faire, et tout s’est bien passé.” – Michael Dell.

On va éviter de trop parler des Bill Gates et autres, car ce ne serait pas très original. Mais prenons l’exemple de Russel Simmons, fondateur de la maison de disques Dej Jam, qui après a très court passage à l’université, a créé son entreprise pour produire des artistes de hip-hop. Au fil des années, son label est devenu un des plus puissants au monde et son empire comprend maintenant une marque de mode, une agence de publicité et une maison de production de films. Et pourtant, pas un seul diplôme, pas un seul semestre validé. Certes, 92% des entrepreneurs (US) aujourd’hui ont un diplôme universitaire, mais en avaient-ils besoin ?

“The dynamic of managing people and being CEO in a company is a lot different than being college roommates with someone.” – Mark Zuckerberg.

Alors certes en France on va ressortir les cas de Pierre Kosciusko-Morizet (Price Minister) et son parcours à HEC, mais si vous prenez le temps de regarder ses interviews ou de lire ses interventions, on se rend bien vite compte que cette personne avait les dés en main de façon innée. HEC lui a donné le carnet d’adresses, sa vision a fait le reste.

L’école peut donner des pistes, le déclic, les contacts, mais certainement pas l’esprit d’entreprendre. Certes on apprend des choses, comment créer un business model, comment pitcher, et beaucoup d’autres choses. Mais passer 1 année entière et dépenser 10.000€ (voire beaucoup plus, mais peu d’importance) pour tout cela est tellement démesuré. Il y a tellement d’ouvrages parfaitement écrits, de conférences, d’ateliers (souvent gratuits), d’événements de networking, que vous pouvez le faire de votre côté, et vous apprendrez bien plus en étant dans le vif du sujet directement. On peut dire tout ce qu’on veut, mais l’entrepreunariat est bien un domaine où la théorie est bonne à jeter à la poubelle. Toute théorie ne sera valable que pour certaines entreprises, certains secteurs, et une théorie vous enferme dans un cadre de pensée.

La disruption comme clé de voûte de l’esprit d’entreprendre

Comment entreprendre si notre esprit est sur les rails théoriques bien ficelés de ce qu’on a appris à l’école ? Où est la disruption ? Ce n’est pas comme ça que l’on innove. Les business models évoluent, c’est aux entrepreneurs de trouver eux-mêmes les nouvelles pratiques. L’entrepreunariat est justement opposé à la rigidité d’un système éducatif.

Le fait d’utiliser des méthodes d’enseignement traditionnelles est un frein à l’innovation, je n’aime pas trop reprendre des formules toutes faites mais le “think outside the box” en est le parfait exemple, qu’est-ce qui arrive si l’on a pas de cadre de pensée ? Notre champ de vision d’élargit, on a davantage d’idées, de possibilités, on prend plus de risques.

“Ce que j’apprends en étant entrepreneur, ils ne nous l’apprennent pas à l’université. Car on ne peut pas l’apprendre de cette façon.” – Philip Hartman

Au cours d’une de mes lectures, je me souviens que Bernard Werber écrivait : “les tests d’intelligence sont faits dans le but de prouver que les personnes intelligentes sont celles qui ont un esprit identique à l’esprit des inventeurs des tests d’intelligence.” Et c’est exactement pareil pour l’école. Si l’on est bon à l’école, cela veut dire que l’on est intelligent par rapport à son cursus, mais cette intelligence est-elle adaptée au monde extérieur, au business, au progrès ? Pas forcément. L’école nous donne tout ce qu’il faut pour PRENDRE un job qu’on nous proposera, mais pas pour CRÉER notre propre job. L’école nous forme pour la société actuelle, mais ne permet pas de nous adapter au futur.

“Formal education will make you a living. Self-education will make you a fortune.” – Jim Rohn

Pour sortir un peu des sentiers battus, parlons d’entrepreneurs un peu moins connus. Ben Kaufman. Je vous en parlais dans mon article sur les start-ups qui vont changer le web de demain. À la tête de Quirky, une plateforme géniale de crowdfunding et d’innovation, ce new-yorkais n’en est pas à sa première entreprise et tous les investisseurs sont à ses pieds. Pourtant, aucun diplôme. D’ailleurs il indique sur son profil LinkedIn que sa principale activité à l’université était de “ne pas aller en cours.” Et il a été élu entrepreneur #1 aux États-Unis par Inc Magazine, à l’âge de 20 ans, rien que ça.

L’idée ici n’est pas de dire que l’école ne peut pas apprendre à être entrepreneur. Elle peut aider un entrepreneur talentueux à acquérir les méthodes et les bonnes pratiques pour réussir, mais elle ne va pas apprendre l’esprit d’entreprise en lui-même. Ce serait trop beau.