L’apothéose du marathon

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Cela fait plus de 3 mois que je n’ai pas écrit sur le blog. En tout cas j’avais vraiment envie de vous raconter ici mon premier marathon. Une sacrée aventure humaine et sportive. La sensation de finisher est unique, on plane un peu dans son coin, conscient d’avoir réalisé un exploit et d’être allé au-delà de soi-même.

Le chrono

J’anticipe pour ceux qui veulent aller direct à la fin de l’article, je suis très satisfait d’avoir bouclé ce Schneider Electric Marathon de Paris en 3h19’39. Oui, le vrai nom du marathon est un peu long mais il faut parfois l’écrire en entier, hein. Je l’avais répété plusieurs fois sur mes réseaux sociaux ces dernières semaines, je n’avais aucun objectif pour cette course. Je voulais profiter, m’éclater, prendre du plaisir, partir à l’aventure, et advienne que pourra. Quand on court à l’envie et aux sensations, ça change tout.

La prépa

Pourtant, je n’avais pas voulu me lancer dans une prépa marathon sérieuse. Sachant que mon vrai potentiel est sur des courtes distances, j’ai préféré continuer un entraînement spécifique 10km, avec quelques sorties longues pour être solide au départ de ces fameux 42km. Sur les 3 derniers mois, je n’ai jamais dépassé les 150km mensuels, avec seulement 2 sorties longues (24km + 26km) et le semi de Paris au milieu de tout ça. Je suis persuadé qu’il ne faut pas s’infliger obligatoirement des programmes imposés.

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© Kevin Sabah

Chacun est différent, on a tous nos forces et nos faiblesses, des emplois du temps différents, des envies différentes, une personnalité différente. Il faut écouter son corps, et s’entraîner en ayant conscience de tout ça. Le principal étant d’être en super forme physique, de garder un mental d’acier, et de bien avoir en tête les exigeances d’un marathon. J’ai sûrement passé plus de temps à penser au marathon qu’à le préparer physiquement, mais j’ai entretenu ma forme, j’ai empilé quelques sorties d’endurance, et surtout j’ai gardé l’envie de courir. Je n’avais pas d’appréhension au départ de la course, juste de l’excitation et l’envie de profiter de chaque kilomètre.

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©️ Jouanito

Allez, je vous raconte la course

Réveil 4h45 du matin un dimanche, ça pique. Petit-déjeuner simple et léger, je ne change pas mes habitudes (sauf l’horaire du réveil, évidemment). On retrouve les potes vers 7h30 sur les Champs-Elysées. Certains partent pour un échauffement, je me dis que j’aurais largement le temps de m’échauffer sur les premiers kilomètres de la course. On entre dans le sas à 8h. Ambiance à la cool, il fait bon, il fait frais, tout le monde sourit. On passe l’arche du départ à 8h25 comme prévu. Grande émotion, on s’élance pour 42km dans la plus belle ville du monde.

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© Deville Photography

KM0

Fouler les pavés de la plus belle avenue du monde coupée de toute circulation, c’est une sensation magique. Pendant les premiers kilomètres, on profite de la course, de l’ambiance. La foule de supporters commence à partir de Bastille, c’est là où il faut savoir ménager son excitation et ne pas partir trop vite. On reste calme et à une allure cool, on ne force pas. Une bouteille d’eau à chaque ravitaillement. Les 10 premières bornes s’enchaînent facilement, et je suis content de mon rythme, je ne suis pas allé trop vite et les jambes sont encore fraîches.

KM10

Les 10 bornes suivantes s’enchaînent très bien aussi, avec un peu moins d’ambiance. On est en plein milieu du Bois de Vincennes, il ne se passe pas grand chose, il ne faut pas s’endormir. Au moment de rentrer à nouveau dans Paris, j’ai presque 2 minutes d’avance sur le chrono que j’avais en tête, il va falloir penser à ralentir un peu pour ne pas exploser en fin de course. Les supporters sont massés le long de l’avenue de Daumesnil. Toutes les teams adidas Runners sont là. Mes parents sont là. Je passe en bas de chez moi. C’est mon quartier, on est à la maison, les jambes sont légères et on joue à domicile. Je passe le semi en 1h38, un peu rapide mais je me sens bien.

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© Eliaqueem

KM21

Juste après le semi, je retrouve coach Vincent, mon lièvre de luxe pour qui ce sera un petit footing du dimanche. Indispensable tout au long de la course, Vincent me maintient dans un super rythme et une dynamique hyper-positive. À partir d’un moment, je rentre dans l’inconnu, je n’avais encore jamais couru autant de kilomètres d’un coup dans ma vie. Mais tout roule au top. La cheering zone officielle d’AR Paris nous redonne un énorme coup de boost au niveau de Bir-Hakeim. À part les gels que mon corps ne digère pas idéalement, les jambes continuent à gambader. Je prends vraiment du plaisir à ce moment là. Pas de douleur physique, le mental va bien, le cardio va bien. Je ne pensais pas profiter autant après 30 bornes dans les pattes.

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KM30

Sur le dernier quart du parcours, on ne fait que doubler tout le monde. Ceux qui font face au fameux mur du 30e km ralentissent. On essaye de ne pas s’endormir dans leur rythme et on continue d’avancer. On rentre dans le Bois de Boulogne. On s’accroche à une troupe qui galope en rythme 3h15. Un peu trop de cohue et de bousculade, je me prends un croche-pied et je décroche le groupe. On arrive bientôt au 40e km, et c’est là où mon corps commence à dire à mon cerveau qu’on est dimanche et que d’habitude on se repose devant un film et un pot de Häagen-Dazs.

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Allez, c’est le moment d’éteindre le cerveau. Il reste 2 bornes avant d’être marathonien, t’as pas couru tout ça pour ralentir maintenant. On serre les dents, on s’accroche, je perds un peu de vitesse à ce moment-là mais je sais que l’apothéose arrive bientôt, que la ligne d’arrivée n’est pas loin. 42e km, plus rien ne compte, c’est le pied, le bonheur, la foule est là, t’as l’impression d’être aux JO, tout le monde t’acclame. Les 200 derniers mètres sont magiques. Je veux sprinter pour le show mais les jambes ne décollent pas du sol. Je m’en fous, je profite, on passera la ligne d’arrivée au ralenti mais l’essentiel est ailleurs : JE SUIS MARATHONIEN !

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© Gui Fav

J’arrête le chrono à 3h19’39. Je ne le savais pas encore à ce moment là, mais j’ai réussi à être régulier comme une horloge du début à la fin. Assez content de ça sachant que la régularité est une des choses les plus compliquées à gérer pendant un marathon.

0km – 5km 23min:34s 4’42/km
5km – 10km 23min:32s 4’42/km
10km – 15km 23min:04s 4’36/km
15km – 20km 23min:25s 4’41/km
20km – 25km 23min:00s 4’36/km
25km – 30km 23min:39s 4’43/km
30km – 35km 24min:53s 4’58/km
35km – 40km 23min:46s 4’45/km
40km – 42,195km 10min:46s 4’54/km

La fierté du finisher

J’apprendrais quelques heures plus tard que je suis 3441e au classement général, sur plus de 42.000 participants. Une fierté, un accomplissement, un moment unique. La médaille et le t-shirt de finisher en poche, je suis comme un gamin à Noël. Plus rien ne compte. J’avais pris des bananes à l’arrivée mais je les perds en chemin. Ahhh, le con, j’avais un petit creux. Bon, pas grave, j’irai manger plus tard.

Je continue de planer jusqu’en fin de journée mais c’est officiel, j’ai couru un marathon et je suis d’autant plus impressionné de voir que des milliers de personnes ont réalisé le même exploit. Des jeunes, des vieux, des gros, des mecs pas entraînés, des handisports, des parisiens, des étrangers, des amateurs, des pros, des pros un peu nuls, des amateurs balèzes, des potes, des inconnus, des filles dont j’aurais bien demandé le 06. Le marathon est définitivement une épreuve à part et mérite tout le mythe qui l’entoure.

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©️ Jouanito

Merci à ASO pour le dossard et les encouragements pendant toute la prépa. Un immense merci évidemment à mon lièvre de luxe Vincent, merci à toute la communauté adidas Runners Paris pour toute votre énergie, merci à tous les supporters. Et surtout un immense bravo à tous les finishers, peu importe votre chrono, et peu importe si c’était votre premier ou votre dixième marathon !