La France en panne d’envie

jacques-chirac

Ce titre, c’est celui du nouveau livre de Jean-Michel Hieaux, vice-président d’Havas Paris, une belle plaidoirie contre la dynamique décevante et déprimée des entreprises françaises et la triste mentalité de la France.

Une grande nation oui, mais ça c’était avant

Mais c’est vrai ça, pourquoi une si grande nation comme la France, autrefois puissance majeure dans le monde, est elle arrivée à cette ambiance morose et peu énergique. Où est passée notre dynamisme, notre envie, notre motivation à innover, à créer, à inventer, à changer le monde et à devancer les autres ? Où sont passés les Bernard Tapie, les Martin Bouygues, les De Gaulle et autres grandes figures du XXe siècle ? C’est exactement ces questions que l’on pose dans ce bouquin, qui nous explique les maux et les désespoirs du peuple français.

Une accumulation de faiblesses

Déjà, plusieurs facteurs historiques. La France a perdu ses élites, ses personnalités du business et de la politique. Elle a perdu les managers qui lui donnaient une vision, un sens, un espoir, un objectif et une réelle contenance. Ensuite, la France a perdu son hégémonie économique. Autrefois grande puissance industrielle, technologique et commerciale, la France produit maintenant peu d’innovations, les coûts du travail sont trop élevés, la pression financière et administrative entretiennent un cercle vicieux qui enferme le pays dans une dégringolade commerciale, où les stratégies ne sont là que pour limiter les dégats, combler les pertes, réduire les coûts. La tête dans le guidon, au lieu de viser la lune.

Priorité à l’optimisme

Puis, l’intérêt du livre réside dans sa pertinence à décrire en détails l’écosystème global de la France, qui ne favorise pas l’optimisme, ancré dans une profonde routine, cadrée par une administration lourde, plombée par une politique sans ambitions, un entrepreunariat laissé à l’abandon, des médias qui n’ont pour mission que de descendre les leaders pour vendre davantage. Bref, que de chantiers. Mais une situation délicate siginifie aussi un challenge à relever.

S’il ne fallait retenir qu’une paragraphe de ce livre

Ne faudrait-il pas tout mettre sur la table, créer une commission d’intellectuels et d’experts qui chercherait à comprendre les raisons du mal français, à en identifier les conditions de compréhension et d’acceptation par la nation tout entière (quitte à repenser les programmes d’histoire et plus largement d’une grande partie de l’enseignement), à identifier les chemins possibles d’une transformation culturelle et enfin à les appliquer. Une chose est certaine : nous ne parviendrons pas à réformer si l’on ne donne pas d’abord aux Français envie de la France et si l’on ne lui dessine pas une cathédrale qu’il ne lui restera plus qu’à construire.

Voilà. C’est tout. Et on notera aussi que ce livre n’est pas écrit pas un enième intellectuel, un professeur académique ou un politique, mais par un businessman, ancré dans la réalité, et à la tête d’une très belle agence, qui montre l’exemple.