Interview avec Ambroise sur l’ambition numérique de la Normandie

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La Normandie, c’est un peu une deuxième maison pour moi, et au fil des années, à travers des conférences, événements, rencontres, etc, je me rends compte que cette région est hyperactive dans le domaine du digital, et déborde de superbes start-ups, de belles idées, d’entrepreneurs passionnants qui construisent l’économie du numérique dans cette région.

Et pour parler de ça un peu plus en détails, je vous propose dans cet article de discuter avec Ambroise Carrière, quelqu’un que j’ai eu l’occasion de rencontrer à l’occasion du festival Beauregard il y a quelques années et qui représente parfaitement l’esprit conquérant de la Normandie dans le secteur du digital.

Hello Ambroise, je te laisse te présenter rapidement

Hello ! Je suis fondateur d’Y Communication, une agence social media basée à Caen. Je viens des musiques actuelles où j’ai pu monter mon label avec lequel j’ai accompagné une partie de la scène régionale.

Peux-tu nous expliquer ta vision du digital et en quoi la vision de ton agence est différente de celle des grandes agences parisiennes ?

Fréquemment quand on parle de communication digitale, on l’oppose à la communication offline. Pourtant la complémentarité est évidente et nécessaire. Je pense que le digital et plus précisément les réseaux sociaux, sont de véritables opportunités pour penser sa communication différemment. J’aime la qualifier d’utile. Une communication utile, c’est quand on trouve l’équilibre entre l’intérêt de l’entreprise (diffuser un message commercial) et celle de la cible (recevoir un message personnalisé correspondant à ses attentes). Quand on fait l’effort de trouver cet équilibre, on se dirige spontanément vers la conversation et donc des valeurs humaines, sociales, engageantes. Ce travail est indispensable pour la réussite d’une stratégie social media et il trouvera écho naturellement sur d’autres supports plus traditionnels.Cette vision, nous la portons et nous la défendons à travers notre équipe et nos clients. Nous ne cherchons pas la croissance à tout prix. Ce qui nous motive c’est l’inconnu, l’innovation et le bien être.

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Peux-tu nous présenter l’ampleur du succès du festival Beauregard et comment tu y intègres le digital et les médias sociaux ?

Depuis trois éditions maintenant nous travaillons avec le festival Beauregard. Durant cette période, Beauregard est passé de 60 000 à 82 000 festivaliers, trouvant ainsi sa place dans le top 10 des festivals Français en à peine cinq ans ! C’est d’autant plus remarquable que le WE où se déroule l’événement il y a une concurrence folle (Main Square, Eurockéennes pour ne citer qu’eux). Notre objectif principal sur le festival est de fidéliser le public. Je crois que c’est la clé pour obtenir un événement qui dure : avoir des festivaliers ayant inscrit « Beauregard » sur leur agenda chaque premier WE de juillet. Il faut donc faire perdurer la relation entre John (le personnage mythique du festival) et les spectateurs durant les 361 jours où le parc du château ferme ses portes. Pour cela, les réseaux sociaux du festival sont une aubaine formidable. Le but n’est pas de rentrer dans une surenchère d’originalité mais de centrer notre réflexion sur le festivalier et faire au plus simple. On a appris que faire simple n’est pas toujours facile ! Je crois que ce qui m’a le plus marqué durant le dernier festival est de m’être fait éjecter de scène pendant Alt-J. Malgré toutes mes autorisations et ayant expliqué mon rôle de community manager, le manager du groupe (faisant deux fois ma taille en hauteur et largeur) est resté intransigeant. Quand je disais que faire simple n’est pas toujours facile.

Quelles sont pour toi les 2 ou 3 initiatives les plus intéressantes dans le digital en Normandie récemment ?

On a la chance en Normandie d’avoir un réseau du digital et de l’innovation extrêmement actif. À Caen, on a vu sortir de terre un nouveau lieu il y a quelques semaines : la MRI (maison de la recherche et de l’imagination) composé de Fab Lab, de lieux de rencontre et de résidences pour designer. On a aussi le Forum digital qui contient un espace de coworking et une pépinière de 20 startups. L’homologue rouennais s’appelle Seine Innopolis. On profite de ces lieux pour organiser des événements comme « Ramène Ta Fraise » que l’on porte avec plusieurs startups. Notre objectif est de partager notre vision, notre ambition et nos expertises à des étudiants et des entreprises traditionnelles. La deuxième édition a lieu le 25 septembre au Forum digital.

Quelles sont les start-ups du moment en Normandie ?

Yousign qui propose de la signature numérique. Nous travaillons ensemble sur une marque média qui va se nommer « Simple As Hello » : tout pour savoir comme simplifier la vie de son entreprise grâce à des solutions innovantes. Il y a aussi la Coding School qui développe la pédagogie des sciences numériques dès le plus jeune âge. L’objectif : faire de la future génération des acteurs du numérique et non des consommateurs. Allez, dernier nom : Flayr. Ils sont plus de 20 et proposent une plateforme de social shopping des plus avancée dans l’hexagone.

Comment la région aide les entrepreneurs, les start-ups, etc ?

Il y a tout un dispositif qui va de l’incubateur (Normandie Incubation) aux pépinières (Forum digital, Seine Innopolis) en passant par les accélérateurs (FFW de la Miriade). Il ne faut pas oublier les événements comme le concours “Il y a de l’idée” prônant une sélection de projets innovants ou « Normand’innov’” qui réunit des centaines d’investisseurs autour d’une dizaine de startups. Il y a une véritable volonté politique qui rend la région très attirante. Et tout cela à moins de 2h de Paris.

Merci à toi Ambroise ! Parfois ça fait du bien de laisser les autres parler :)

En tout cas, c’est exactement le ressenti que j’ai eu lors de mes différentes expériences que j’ai pu avoir en Normandie, notamment à l’occasion d’une conférence #Commeuhnity à laquelle j’avais participé l’année dernière. La Normandie a énormément de talents, de belles idées et de potentiel dans le digital, on espère en entendre encore plus parler prochainement.

Si vous avez de votre côté des expériences à partager à propos de l’écosystème du numérique dans une certaine région, n’hésitez pas dans les commentaires, c’est toujours intéressant de voir comment les autres villes bougent et pensent dans ce secteur !