On a gagné la #boost energy league !

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Déjà 2 ans que l’aventure #boostparis a démarré. Au début on était 5 à courir, un peu à l’aveugle, maintenant on est 150 à chaque run. La compétition avec 11 teams parisiennes, c’est souvent des tensions, des méfiances, des défis, des efforts, mais à la fin c’est beaucoup de bonheur. Au bout de tout ce temps, on est plus qu’une simple team de running, on est une vraie famille, une vraie bande de potes qui ne se connaissaient pas du tout avant et qui ont construit une très belle histoire depuis.

Vous l’avez évidemment vu passer, le 21 février dernier, c’était la grande finale de la saison 2. Et on ne pouvait pas finir cette saison autrement qu’en apothéose. Organisée à l’INSEP, le temple du sport et le bunker des plus grands athlètes français, cette finale restera pour très longtemps dans mes souvenirs.

Tout au long de cette saison 2, on a enchaîné les runs, les créas, les battles contre les autres teams, les points gagnés, les points perdus, les joies, les déceptions. Juste avant la finale, nous sommes en tête du classement général avec 36 points, tout juste devant Bir-Hakeim, République et Pigalle qui nous suivent de près et qui peuvent nous voler notre trône à tout moment.

Première épreuve : le runner ball

Au programme de la finale : le runner ball, une course dédiée aux champions et championnes de chaque team sur le vélodrome de l’INSEP (ouais, la piste inclinée réservée d’habitude aux vélos). Un tableau à élimination directe avec 1/8 de finale, 1/4 de finale, 1/2 finale et finale, des points à gagner à chaque tour. A chaque tour, un champion de chaque team en affronte un autre. C’est quitte ou double. La distance : 4 tours d’une piste de 166m, soit plus de 600m à pleine vitesse, avec des virages incurvés.

On est directement qualifiés en 1/4 de finale grâce à notre place de leader du classement général. C’est Laura notre championne qui se retrouve sur la ligne de départ, contre la championne des Abbesses. La pression monte, mais j’ai une confiance absolue en Laura, qui a tout pour gagner cette course et nous faire passer en 1/2 finale. Plus de 1 000 supporters sont amassés au haut du vélodrome, pendant que je suis au niveau de la ligne de départ avec Laura. Le moment du départ approche, le speaker démarre son countdown. GO ! Laura part devant et impose un rythme effrené à la course. La championne des Abbesses s’accroche vraiment bien jusqu’au bout, mais n’arrivera pas à rattraper Laura, qui l’emporte haut la main, un vrai bonheur.

Tour suivant. 1/2 finale, on tombe contre Pigalle, une team féroce avec beaucoup de grands champions, clairement pas le meilleur tirage au sort pour nous, mais il va falloir faire avec. De notre côté, c’est Alex, notre champion depuis le tout début de la saison 1 qui est aligné sur la ligne de départ contre le champion de Pigalle. Alex s’est entraîné sans relâche pour cette course, et je le sens prêt pour finir en beauté cette saison. Top départ, Alex démarre très très vite, pour fatiguer le plus vite possible son concurrent. Il accélère progressivement au fur et à mesure de tours, pour lancer un sprint impressionnant dans le dernier tour, qui n’a laissé aucune chance à Pigalle. On explose de joie, mais on sait que ce n’est pas fini, il reste le plus important : la finale. De l’autre côté du tableau, c’est Batignolles qui se hisse jusqu’en finale du runner ball.

Tour suivant, finale. De notre côté, on aligne Vincent, notre autre champion arrivé pendant la saison 2. La tension est au maximum, tous les supporters encouragent les 2 finalistes, qui vont tout donner pour leur team et rapporter le plus de points possibles au classement. Même stratégie que pour Laura et Alex, Vincent décide de partir en trombe dès le départ pour imposer son rythme. Le chammpion de Batignolles est distancé dès le début mais revient peu à peu au train de Vincent, et est tout proche de le dépasser à la moitié de la course. C’est à ce moment là que Vincent décide de lancer son sprint ultime, et il donnera tout jusqu’à la ligne d’arrivée en grand vainqueur. On l’a gagné ce runner ball !

Deuxième épreuve : le grand relais

L’autre épreuve de cette finale, c’est un format génial : un grand relais de 40 personnes par team sur une piste de 340m ! Si vous êtes à peu près bons en maths, oui, ça fait 440 coureurs (20 mecs et 20 filles pour chacune des 11 teams #boost) qui vont se poursuivre non-stop sur la piste de l’INSEP, pour aller chercher 12 points à rajouter au décompte de sa team au classement général. On sait qu’on a une très bonne team de relayeurs, mais on sait surtout qu’il y a plusieurs teams très solides, surtout Pigalle qui avait déjà remporté un relais devant nous l’année dernière. Sur ce relais, c’est Steve notre sprinteur qui avait l’honneur (et la pression) de démarrer en #1. Et de mon côté, j’avais le #40 du dernier relayeur. Une position un peu étrange : soit tu prends le relais quand ta team est en tête et tu n’as plus qu’à finir le boulot, soit tu prends le relais quand ta team a du retard et c’est quasi-impossible de changer la donne. Ou encore pire : tu pars en même temps que le dernier relayeur d’une autre team, qui est généralement un sprinteur, et là t’as intérêt à assurer.

Bref. Le départ du relais est imminent. Au premier tour, Steve nous sort un premier tour de folie en éclipsant toutes les autres teams. Ca nous permet d’enchaîner les 5 premiers tours en tête avec pas mal d’avance. Peu à peu, on se fait rattraper par Bir-Hakeim, qui prend la tête en ayant mis ses coureurs les plus forts en premier, alors qu’à l’inverse on avait équilibré l’ordre de passage, pour finir avec nos meilleurs fusées dans les derniers tours. Au milieu du relais (20-25min de course), c’est Pigalle qui reprend la tête du relais, comme on pouvait s’y attendre. Au moment du 30e relayeur, on a un tour de retard sur Pigalle. Un tour de retard, c’est énorme, c’est quasi-impossible de revenir sur eux, sachant qu’ils n’ont que des bons coureurs. J’ai un peu peur, mais je garde espoir, j’encourage tout le monde, il faut rester concentrés jusqu’à la fin. Au fur et à mesure, l’excitation monte, on gagne quelques secondes à chaque tour. On avait gardé nos coureurs les plus rapides pour la fin, et la stratégie commence à payer, on gratte du terrain et ça se voit.

Au 38e tour, ça devient dingue, Benjamin de notre team vient de doubler le relayeur de Pigalle, ce qui veut dire qu’on vient de reprendre la tête du relais juste avant la fin ! Je suis ultra-stressé à ce moment là, car je sais qu’en #40 chez Pigalle il y a Will, une vraie fusée. Même si je sais que je suis très rapide sur cette distance, je sais qu’il me bat si on part au même moment. Sur la ligne de départ, j’attends avec impatience que ce soit mon tour, chaque seconde est interminable. Tout d’un coup Laura, notre 39e relayeuse arrive à la fin de son tour, avec 5-6 secondes d’avance sur Pigalle. C’est peu mais ça devrait suffire pour gagner. Dès que j’ai le relais en main, je fais le vide dans ma tête, je ne pense plus à rien. Je pars dans le sprint de ma vie, je n’ai pas le choix. Je dois gagner. Je dois tout donner. Je passe le premier virage à fond. Ma vision se rétrécit, je ne vois plus que la piste droit devant moi, je ne vois pas tous les supporters autour de moi, mon cerveau a compris ce qu’il fallait faire. J’allonge les foulées, j’arrive à bout de souffle mais je m’accroche. Arrivé au dernier virage, j’essaye d’accélérer encore une fois pour ne pas perdre de terrain. Je regarder derrière moi, je ne vois pas Pigalle. Putain c’est gagné, plus que quelques mètres avant la ligne d’arrivée ! Je continue de sprinter tout en levant les bras et en souriant. Impossible de décrire la sensation quand je passe la ligne d’arrivée en première position et que la team va remporter la finale. C’est une sensation incroyable. Tout le monde me saute dessus, je n’arrive plus à respirer, mes jambes me lâchent, mais je m’en fous. On a gagné ce putain de relais !

La victoire, le bonheur

A la fin de cette finale, je ne sais même pas combien de points on a gagné, mais je sais qu’on a tout donné, qu’on a gagné toutes les courses et que c’est synonyme de trophée. C’était un bonheur ultime. A l’annonce des résultats, République et Bir-Hakeim montent sur le podium. Au moment où le speaker appelle notre team, on saute tous comme des fous sur la première marche du podium. C’est l’euphorie dans tous les sens. C’est Priscilla Gneto, l’ambassadrice de notre team qui tient la coupe, et qui fait durer le suspense. Ensuite, c’est le kiff. Soulever le trophée avec toute ma team, avec tout ce chemin parcouru et tous les moments qu’on a vécu ensemble, frissons assurés.

Je ne vais pas écrire plus que ça, mais en tout cas un immense merci à tous. Que vous soyez dans la team, dans une autre team, que vous étiez parmi les supporters, les coureurs ou juste présent à distance, merci. Merci pour tout.

De mon côté c’était une finale assez stressante à vivre. Mais stress dans le sens positif de l’excitation, pas forcément le stress négatif de l’angoisse. On avait bossé cette finale depuis plusieurs mois, en organisant plusieurs entraînements et qualifications pour les relayeurs. Il fallait bien choisir nos champions, travailler l’ordre du passage du relais, mettre tous nos coureurs dans les bonnes conditions, et motiver les troupes jusqu’au jour J. Je ne pensais pas que cette finale aurait été autant épuisante physiquement que mentalement, mais la victoire justifie tous ces efforts et c’est un vrai bonheur d’avoir pu vivre cette expérience là. Au moment de soulever la coupe, tout le stress est retombé d’un coup pour laisser place au reste : profiter de la victoire.