L’offensive de Foursquare dans l’industrie publicitaire : lentement mais sûrement

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Des années, des années, des années qu’on voit Foursquare. Et qu’on a l’impression qu’ils sont toujours un peu au même niveau. Que leur base d’utilisateurs progresse sans impressionner, que des rumeurs de rachat se succèdent sans jamais se concrétiser. Foursquare avance dans l’ombre. Si on aimerait que la plateforme évolue plus vite, on ne peut pas critiquer leur efforts d’aller à leur rythme

1. Un produit à maturité

Le service de géo-localisation et de recommandation est maintenant à maturité. Les différentes fonctionnalités sont propres et ficelées : le check-in, le conseil, les commentaires, les partages sur les autres réseaux sociaux, les commentaires, les pages d’entreprises et de lieux, les profils, les listes, etc. La version mobile est fluide sur toutes les plateformes, et la version desktop bien fournie.

Clairement, le focus de Foursquare n’est plus sur le produit. S’il reste sûrement plusieurs améliorations à apporter dans les prochains mois pour s’adapter à de nouveaux usages ou à de nouvelles tendances, ce sera intégré. Objectivement, la construction de Foursquare a été longue. Quand on compare l’évolution du produit par rapport à des plateformes comme Facebook ou Twitter qui ont eu de nombreux ajouts de fonctionnalités, Foursquare a été définitivement la tortue du groupe. À des moyens financiers et humains plus réduits, il aura fallu 5 ans à Foursquare pour arriver à un produit satisfaisant pour enfin se concentrer sur son business model.

2. Une offre publicitaire enfin cohérente

Très longtemps, on ne pouvait percevoir Foursquare que comme une app de divertissement, pour découvrir des endroits sympa à droite à gauche. Dans le cas où on représentait une entreprise, un lieu, un restaurant, un commerce, il est possible de prendre contrôle assez facilement de sa page (même si peu le font). Cependant, aucun élément publicitaire n’avait vraiment émergé. Soit. Peut-être parce que Foursquare n’a jamais réellement communiqué dessus.

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À l’opposé du business model centré autour de la publicité et la vente d’espaces de type bannières, Foursquare a préféré s’orienter sur les contenus sponsorisés et la publicité native, option qu’a aussi choisi Twitter, Tumblr et Pinterest par exemple, et qui semble très bien fonctionner.

- Attention, les offres spéciales et bons de réductions réservées après certaines actions (check-in, mayorship) ne sont pas des offres publicitaires, mais des fonctionnalités offertes aux commerçants, à ne pas confondre donc.

- L’offre publicitaire de Foursquare est volontairement simple et très délimitée : elle n’est composée d’un seul produit. Si on ne trouve qu’un seul format publicitaire sur Foursquare, celui-ci a le mérite d’être très complet et fait appel à de nombreux paramètres. Ce format consiste en une annonce publicitaire affichée sur l’écran de smartphone/tablette utilisé(e) en fonction des intérêts et recherches effectuées par l’utilisateur.


Concrètement, si un utilisateur recherche « burger », un restaurateur spécialisé dans les burgers pourra diffuser une annonce à cet utilisateur lors de sa recherche pour l’orienter vers son établissement. Si un utilisateur se check-in souvent dans des enseignes de mode et de luxe, une marque de prêt-à-porter pourra diffuser une annonce pour faire la promotion à cet utilisateur du lancement d’une nouvelle collection dans une boutique à proximité. Etc. Si vous voulez des études de cas, il y a en a pas mal par ici.

3. Une stratégie assumée : le marathon

Non, cette marche tranquille de Foursquare n’est pas forcément inquiétante. À contrario d’autres start-ups qui font plusieurs centaines de millions de dollars de levées de fonds et accélèrent leur développement en dépendant à tout va, Foursquare a tenté d’avoir une croissance naturelle et de vivre à sa façon. Fier d’avoir soufflé sa 5e bougie, Foursquare a évolué et beaucoup avancé.

Dennis Crowley a d’ailleurs annoncé ce mois-ci un chiffre d’affaires en hausse de +600% (soit environ 15 millions de dollars sur l’année de 2013, et environ 21 millions sur le premier trimestre 2014).

« Beaucoup de gens ne comprennent pas à quoi l’on travaille vraiment chez Foursquare » a clamé son CEO. Dans la même discussion, il n’hésite pas à affirmer que de nombreuses entreprises ont tenté de racheter Foursquare sans succès, dans la mesure où ce n’est absolument pas son objectif et une fin pour lui et ses employés. Son but n’est pas d’aller le plus vite possible d’un point A à un point B, mais de tenir un marathon.

Au final, Foursquare a l’air plutôt bien dans sa peau aujourd’hui. En pouvant s’appuyer sur une belle plateforme, un partenariat solide avec Microsoft, des revenus en forte progression et surtout de belles ambitions, Foursquare montre aux autres start-ups qu’on peut aussi se débrouiller sans se faire racheter, sans trop lever de fonds et en restant indépendant.

Et vous, vous pensez utiliser bientôt la publicité Foursquare, qui réussit à proposer aux annonceurs une offre crédible ?

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Notes

  1. jouanito posted this